Sudan et Homo sapiens

À la Une

 

Face au mont Kenya, le dernier mâle des rhinocéros blancs du Nord est parti. A l’âge de 45 ans, Sudan a emporté avec lui l’espoir de reproduction de sa population. Seules deux femelles, sa fille et petite-fille subsistent, annihilant toute chance de survie de cette sous-espèce appartenant à la famille des rhinocérotidés.

Toutes les espèces de rhinocéros sont actuellement en voie de disparition, victime du braconnage et de la folie des hommes.

Depuis le 29 octobre dernier, la chine a de nouveau autorisé la reprise du commerce de corne de rhinocéros. La croyance veut que la kératine contenue dans ses cornes ait des vertus aphrodisiaques et anticancéreux. De nombreuses études démentent ces vertus et rien ne prouve un quelconque effet médical (la kératine est une protéine que nous trouvons dans les cheveux, ongles et poils…).

En mars 2017, un mâle blanc de 5 ans a été tué par balle dans le parc zoologique de Thoiry (Yvelines) pour l’une de ses cornes, coupée à la tronçonneuse. Une malheureuse première en France.

Ces actes de braconnage se font surtout en Afrique australe, surtout en Afrique du Sud qui abrite 83% de la population mondiale. En 2016, nous pouvons évaluer la disparition de plus de 1050 rhinocéros blanc du sud tués par les braconniers. En 2007, seuls 13 pachydermes tués avaient été inventorié. La population estimée du « blanc du Sud » est de 11 000 individus.

Avec la disparition de Sudan, le rhinocéros « blanc du nord » va irrémédiablement s’éteindre. La folie de certains et leur recherche de « tonification » sexuelle place les autres espèces en voie d’extinction.

L’homo sapiens, grâce à son cerveau plus développé, s’est placé en dehors de la chaine alimentaire (calcul du niveau trophique de l’humain très discutable encore aujourd’hui). La chaine alimentaire doit par ses interactions maintenir l’équilibre de l’écosystème. Equilibre de plus en plus instable, depuis 1974, soit 44 ans, 60% des animaux sauvages se meurent (Rapport planète vivante 2018 de WWF) et 89% des espèces sont menacées. C’est l’ensemble d’une faune et flore qui payent le prix de nos excès et de nos cerveaux plus développés ; déforestation, agriculture intensive, exploitations industrielles, réchauffement climatique…

Hippopotames, tigres, l’ours blanc, le marsouin, la tortue luth… Mais aussi : abeilles domestiques, hérissons, martin pécheurs… Le verdict est sans appel, l’homo sapiens, responsable de la catastrophe en cours n’y échappera pas lui-même car nous sommes finalement un animal comme les autres.

Il est urgent de ne plus être dans le déni et d’aborder le développement en tenant compte de nos écosystèmes et de sa biodiversité.